Je reste dubitative face au printemps. C'est la première année que je le sens aussi sournois, il te balance de petites fleurs plein les mirettes, des garçons célibataires en veux tu en voilà et un désir irrationnel de se mettre en couple. Mais je tiens bon!
Les garçons, ce sont les mêmes que cet hiver, la seule différence c'est qu'ils se sont faits larguer entre temps, ça les a bonifiés, mais c'est temporaire. Je ne vais pas me faire avoir!
J'ai trouvé ça louche dès le départ, les petits regards insistants dans la rue, la facilité avec laquelle ils se laissent inviter, et le fait qu'ils fassent la vaisselle sans que j'aie besoin de demander.
C'est comme ce docteur aux yeux verts, lundi matin, qui me prend la main pour m'expliquer que si je me suis foulé la cheville, c'est parce que je suis souple... Eh ben tiens...
D'ailleurs même les élèves tombent amoureux, je reçois les mots d'amour les plus candides qu'on puisse recevoir, et l'autre jour à l'école des élèves m'ont même sifflée avant de comprendre que j'étais la prof remplaçante.
Il y a donc anguille sous roche, j'attends le moment où le rideau d'étoiles va tomber; en attendant je les fais tomber au lance pierre et j'attends en dessous qu'elles viennent me dorer les épaules: après ce long hiver je l'ai bien mérité!